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Les blessures d’enfance laissent souvent des traces invisibles, inscrites non seulement dans nos souvenirs, mais aussi profondément dans notre corps et notre système nerveux. Ces empreintes peuvent influencer notre façon de ressentir, de réagir et d’être au monde, parfois sans que nous en ayons pleinement conscience.

Traverser ces blessures est un voyage délicat qui demande du temps, de la bienveillance, et surtout une approche respectueuse de notre rythme et de notre corps. Voici un guide structuré pour vous accompagner dans cette démarche, en lien avec les connaissances actuelles sur le trauma et la sécurisation intérieure.

Prendre conscience de ses blessures et de leur impact corporel

Les blessures d’enfance, ou un « trauma » dn’enfance, peuvent prendre différentes formes : négligence, rejet, abus, ou traumatismes relationnels. Elles sont souvent associées à des émotions intenses (peur, tristesse, colère) que notre corps a appris à stocker sous forme de tensions, de douleurs chroniques ou de réactions automatiques.

La théorie polyvagale de Stephen Porges nous enseigne que notre système nerveux, face à une menace réelle ou perçue, active des mécanismes de survie — fuite, combat, immobilisation — qui peuvent rester inscrits en nous longtemps après.

Prendre conscience de ces empreintes corporelles est le premier pas vers la guérison.

Accueillir ses ressentis avec compassion

Reconnaître la présence de ces blessures peut réveiller des émotions difficiles. Il est essentiel de s’accueillir sans jugement, avec douceur et patience.

L’auto-compassion devient alors un outil précieux : offrir à ses parts blessées des paroles réconfortantes, comme on le ferait avec un enfant fragile, permet de commencer à apaiser la douleur.

Chercher un accompagnement sécurisant

La complexité des blessures d’enfance et leur impact sur le corps et le psychisme nécessitent souvent un cadre professionnel adapté.

Un thérapeute, un coach formé aux approches corps-esprit, ou une méthode comme l’Internal Family Systems, peut offrir un espace sécurisant pour explorer ces mémoires, comprendre les mécanismes en jeu, et accompagner la reconstruction intérieure.

Reconnecter avec son corps et réguler son système nerveux

Des pratiques simples mais puissantes permettent de revenir à soi et de réguler le système nerveux :

  • La respiration consciente, lente et profonde, pour activer la branche ventrale vagale, source de sécurité et d’apaisement.
  • Le mouvement doux, la marche en pleine conscience ou le yoga doux, pour reconnecter sensations et présence.
  • Le toucher bienveillant, comme poser une main sur son cœur ou son ventre.
  • Les sons apaisants ou la voix douce.

Ces pratiques aident à diminuer les tensions corporelles et à restaurer un équilibre interne favorable à la guérison.

Dialoguer avec ses parts blessées dans un cadre sécurisé

Chaque blessure s’incarne dans des parts intérieures qui portent des émotions et des besoins souvent non entendus.

En apprenant à les écouter avec bienveillance, à les laisser nous traverser, reconnaître leur fonction protectrice ou vulnérable, il devient possible de les accompagner vers un apaisement progressif.

Cette démarche permet de sortir des réactions automatiques dictées par la peur ou la honte, pour entrer dans un dialogue et un ressenti intérieur plus serein.

Créer un environnement intérieur et extérieur propice à la sécurité

La sécurisation intérieure ne se fait pas dans le vide. Elle se nourrit de relations bienveillantes, de rituels de soin, de repères qui ancrent la personne dans un sentiment de continuité et de confiance.

C’est aussi apprendre à s’offrir ce cadre sécurisant, à devenir ce parent doux et contenant pour soi-même.

Prendre le temps : la guérison est un chemin

Traverser ses blessures d’enfance ne se fait pas en un jour. C’est un processus unique, rythmé par des avancées et des moments plus difficiles.

S’autoriser ce temps, avec indulgence, sans se presser, c’est honorer la profondeur du travail intérieur.